La vie est un jeu… TEDxAlsaceSalon, la vidéo, le texte

Est-ce bien vrai que quand on se voit à l’écran, on se trouve horrible ? Bref, moi je me trouve totalement horrible, mais je suis fière… Parce que je l’ai fait et que j’ai appris tant de choses ce jour-là, et aussi pendant les moments de préparation ! Alors oui, la vie est un jeu, et parfois on trouve que les règles sont dures, mais cela vaut la peine…

Véronique Campillo

Et le texte de mon talk, pour tous ceux qui me l’ont demandé !

Le jeu de la vie

Bonjour, je suis venue vous parler de la vie. Pour moi, la vie est un jeu qui obéit à des règles simples… Et si nous voulons le bonheur, il nous faut les respecter.
Jouer le jeu de la vie, c’est simple, mais pas facile !

Comment ça s’est passé, entre ce jour où je suis arrivée à Port-Vendres, avec ma famille, sur un chalutier en provenance d’Algérie ? J’avais 2 ans. Comment on passe de boat-people à entrepreneur ?

Eh bien il s’est trouvé qu’à un moment de ma vie, j’ai traversé un échec personnel et là je me suis dit, Véronique, c’est le moment de faire quelque chose de ta vie. Et ce jour-là, je suis née, d’une décision irrévocable d’être vivante. Et des portes se sont ouvertes en moi, à la vie qui voulait me porter. Je vous invite à vous laisser porter avec moi…

Le jeu de la vie, c’est trois portes qui s’ouvrent, quatre règles et un secret.

La première porte s’est ouverte sur la réalité des sentiments
On entend les gens dire : j’ai le sentiment que… comme si c’était si important pour se positionner, d’avoir des sentiments, et c’est vrai. Quand à moi, je me suis entendu dire : « j’ai le sentiment que je n’intéresse personne et que je suis vraiment nulle ».
Je confondais les émotions et les sentiments.

Alors j’ai décidé de faire connaissance avec la nature humaine. Et voilà ce que j’ai découvert :

  • Les émotions, c’est fluctuant, avec un début, un pic, une fin (dès que quelqu’un disait du bien de moi, je me sentais moins nulle…). Mes émotions se contredisaient les unes les autres (ça dépend de qui ça vient…). Et ça dépendait de mon humeur, c’était conditionnel.
  • Les sentiments (mon amour pour mes enfants) : ça c’était du solide, du stable, combien je les aimais malgré leurs comportements, la fatigue, l’investissement qu’ils me demandaient… C’était inconditionnel, durable et cela me faisait du bien.

En apprenant à accueillir les sentiments, j’ai appris que le sentiment principal, à la racine de tous les sentiments, c’est l’amour de la vie. De lui découlent tous les sentiments authentiques : l’amour inconditionnel, l’amitié, le respect, l’estime, le désintéressement, etc.

Ma grande question du moment est devenue : comment faire pour sentir cet amour h24, comme disent les jeunes…

La deuxième porte s’est ouverte sur la sensation intérieure
Chez moi, cela a commencé par le corps. Avec la danse d’improvisation, qui m’apportait la libération des structures contraignantes, des inhibitions, du jugement sur moi-même, toutes ces mauvaises herbes…
J’ai découvert le yoga qui m’apportait une structure saine, comme un tuteur pour pousser droit. J’ai pu grandir vers le ciel comme un arbre sain et bien portant. Avec deux enracinements : le sentiment d’aimer la vie et la certitude d’être aimée par la vie.
Ma source, ma connexion, c’est mon corps. J’ai découvert que je n’avais rien d’autre que mon corps pour faire quelque chose de ma vie. Et que je formais un seul corps avec tous mes frères humains et avec l’univers. Et je suis devenue professeur de yoga pour transmettre le partage de l’être bien. Le yoga m’a ouvert les portes des sagesses ancestrales de l’humanité. Les textes sacrés prenaient sens, et tous ils disaient que la vie est une danse. Je voulais en connaître la chorégraphie, le mode d’emploi.

La troisième porte s’est ouverte sur les règles du jeu…
Un jour je devais prendre un train pour Paris, j’avais un peu de retard et là, je commence à me dire, tu vas voir, tu vas rater ton bus, de toutes les façons tu es toujours en retard… J’ai oublié mes clés, j’ai dû revenir sur mes pas et j’ai raté mon bus, mais j’ai aussi raté mon train et mon RDV.
Et là je rencontre une voisine qui me dit, alors ça, moi c’est tout le contraire, je ne sais pas comment je fais, mais quand je prends le bus, systématiquement il arrive dans la foulée dès que j’arrive à l’arrêt… J’ai une de ces chances ! Comment était-il possible que des lois différentes s’appliquent selon les personnes ?

La première règle du jeu c’est que notre parole est une baguette magique.
Comme le disait Henry Ford : Que vous pensiez pouvoir y arriver ou que vous en doutiez, l’avenir vous donnera raison.
Deux conclusions à cela :

  • Si vous pensez tout le temps à ce qui ne va pas et si vous passez votre temps à voir le verre à moitié vide et à ne penser qu’à ça, vous n’êtes pas seulement un pessimiste. Vous vous autodétruisez lentement à force de négativité.
  • Nous avons toujours le choix entre le négatif et le positif.

Utiliser le pouvoir de la parole pour affirmer le positif, c’est restaurer ce qui est juste en nous et rester connecté à ces forces de vie qui sont toujours à l’œuvre. C’est simple, mais pas facile…

Avec la puissance de l’intention, il y avait la loi de l’abondance, de la prospérité. En un mot, cette loi nous dit que l’univers ne nous veut pas pauvres, malades et malheureux… Il nous veut riches, en bonne santé et heureux !

Et pour avoir essayé de me saboter de toutes mes forces, laissez-moi vous dire que combattre les lois naturelles qui sont opérantes dans l’univers, c’est vraiment un effort inutile parce que vous ne pouvez pas gagner. Parlant de cela à un ami coach, il m’a dit avec un grand sourire : Alors comme ça tu n’as pas réussi à échouer ?

La vie ne sait rien faire d’autre que créer de la vie et elle le fait par amour, pour qu’il y ait toujours plus d’amour partout.

Et là, j’ai eu envie de jouer ! Et ma question est devenue : comment participer au jeu de la vie ? Avec la troisième loi, la loi de la non résistance. Et moi je l’appelle la loi de la douceur.

Quelqu’un a dit : Rien ne peut résister à celui qui est sans résistance. C’est aussi simple que cela. J’ai dit simple, je n’ai pas dit facile… Pour moi, l’homme qui incarne cette loi est Gandhi, cet homme qui a libéré son pays par une marche pacifique et qui a accepté de mourir sans résister…

Comment ça va se passer, concrètement, si vous résistez à la vie ? Vous allez faire trois erreurs :

  • Manquer des opportunités : dès que vous allez vous mettre en tension par rapport à ce que vous risquez de perdre, ou par rapport à un objectif, vous ne verrez plus passer vos chances.
  • Croire qu’il existe deux pouvoirs, le vôtre et celui des autres. Et qu’il faut un gagnant et un perdant… Il existe un seul pouvoir, celui de la vie qui nous veut vivants, nous et les autres. Nos amis et nos ennemis. Ceux que nous savons aimer et ceux que nous ne savons pas aimer.
  • Vouloir changer le monde par vous-même : J’ai essayé, j’ai fini épuisée et incapable d’apprécier. Et pour ceux qui aiment aller jusqu’au bout : cela donne des AVC ou des burnouts… Croyez-en mon expérience de coach !

Par quel miracle j’ai lâché mes propres résistances ? Face à la perspective d’élever mes enfants seule, j’ai posé une intention profonde, et à l’époque presque inconsciente : sortir de la violence. Pour commencer, je me suis enfermée dans l’obligation de jouer le rôle du père (structure) et le rôle la mère (amour). Epuisant. Et la violence venait malgré moi. Un jour, je refuse quelque chose à mon fils adolescent et il me dit : « Maman, tu es tendue et pas cool ». Et je me tourne vers lui brusquement pour lui dire : « je ne te fais pas confiance ». Et les mots sortent de ma bouche malgré moi : « je te fais confiance ! » Et je suis abasourdie, parce que j’ai dit le contraire de ce que je voulais dire et que je me sens bien, soulagée, en paix… Et face à moi, mon fils, radieux….
La loi de la non résistance, c’est ce qui permet de sortir du conflit. C’est la solution à toutes les guerres. C’est simple, mais pas facile.

La question de l’échec restait en suspens. Pourquoi l’échec puisque la Vie nous voulait heureux ? La réponse, c’est que l’échec n’existe pas. Il y a seulement des apprentissages que nous n’avons pas forcément envie de faire.
Nous apprenons à nos enfants qu’ils travaillent pour être sanctionnés, évalués, uniformisés. Nous bloquons les apprentissages et nous formons des adultes incapables d’entreprendre et de prendre des risques, paralysés par leur jugement sur eux-mêmes et leurs croyances négatives. Le droit à l’erreur, c’est le droit d’apprendre.
Restaurer le droit à l’erreur, ce n’est pas autoriser la faiblesse ni la médiocrité. C’est ouvrir la possibilité d’apprendre par l’action et de réussir à son rythme, en dehors de la culpabilité.

Voilà. Nous avons fait le tour des 3 portes, des 4 règles. Ca fonctionne, j’ai essayé.
Mais en fin de compte, tout cela revient à une même règle fondamentale : Vivre à partir de l’être. Penser et agir à partir de l’être. Les choix de vie que l’on fait, en fin de compte, c’est toujours entre le faire et l’être.
Alors la vie devient un jeu et vous commencez à la voir se dérouler sous vos yeux comme un film joyeux, optimiste, comme si un machiniste, en coulisses, se chargeait des détails pendant que vous appréciez.
Vivre à partir de l’être, c’est demander en permanence à la sensation intérieure, à la force vitale, avec une infinie douceur envers vous-même et une envie folle d’écouter la réponse…

Un maître zen disait : Médite une demi heure par jour. Et si tu vois que tu n’en as pas le temps, c’est qu’il te faut une heure !

Et la réponse vient, mais dans une brise légère, et là vous savez quoi penser, quoi dire, quoi faire… en dehors de toute logique et c’est juste le bonheur ! C’est simple, mais pas facile !

Comment j’ai créé mon entreprise ? J’étais prise dans un dilemme : devenir coach ou écrire ? Ca a été l’explosion au sens propre du terme : ma voiture a flambé, mon ordinateur a fait un burnout… Et moi, j’ai arrêté de résister et j’ai fait silence. Puis tout s’est éclairci : le problème était dans le OU…

Enfin, Véronique, tu ne pourras jamais tout faire, dans la vie, il faut faire des choix…
Tu vois, tu es incapable de te décider !
Un beau matin, je me suis réveillée en disant ET… Et les portes se sont ouvertes. Mon projet a suivi son cours dans la fluidité. J’ai rencontré 12 personnes, pas 15, pas 20. 11 sont devenues mes associés. Tous les appuis sont venus à moi par des synchronicités étonnantes. Aujourd’hui, une sorte d’intelligence collective s’est tissée autour de moi et me porte même quand je me sens fragile, fatiguée.
Je suis convaincue que c’est notre pessimisme dans tous ses états qui a engendré la crise que nous vivons. Notre société préfère croire à la rareté : du travail, de l’argent… Heureusement, une nouvelle terre émerge et s’auto-organise : une économie collaborative, alternative, innovante, est en train de se créer grâce à internet, entre autres, mais aussi grâce à une autre vision de la vie et du partage.
Nous sommes en train de passer de la compétition à la collaboration. Et c’est à cela que je veux participer.
Et c’est pour cela que j’ai créé mon entreprise. Elle s’appelle Colligence, comme collaboration et intelligence. C’est une aventure née du désir de faire ce que j’aime et de partager : je publie des livres qui préparent un futur meilleur pour tous et j’accompagne les personnes et les équipes pour développer l’intelligence collective.

Aujourd’hui, je me réalise et je réalise mes rêves. Le secret, c’est que la puissance de l’intention réalise nos souhaits dès lors qu’ils sont ajustés au désir de la Vie pour nous.

Le secret c’est que :
Même ce qui paraît trop beau peut être vrai.
Même ce qui paraît trop bon peut durer.
Même ce qui paraît trop merveilleux peut se réaliser.

Le secret, c’est de vivre la vie et toutes nos activités comme les enfants vivent le jeu : de tout notre cœur et de toute notre âme. En totale ouverture. C’est simple… mais pas facile !

 

 

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