Choisir son atelier d’écriture

Pourquoi participer à un atelier d’écriture d’une semaine entière ? D’ailleurs, pourquoi participer à un atelier d’écriture ? Et même, pour quoi écrit-on ?

Il y a ceux qui n’écrivent pas et qui voudraient. Ceux qui écrivent un peu, tiennent un journal intime… Ceux qui se lancent de temps à autre dans un récit, que ce soit seuls ou en atelier d’écriture. Or un beau jour l’appel vient et peu à peu il se fait impérieux. Ce que l’on porte en soi demande à se partager. Un atelier d’écriture d’une semaine, c’est l’occasion de prendre un bon départ, et de grandir avec son écriture. En groupe, il y sera question de l’envie, des difficultés, du fameux syndrome de la page blanche… mais aussi de son projet, par quel bout le prendre… Devenir écrivain, une idée qui fait peur ?

Voilà les questions auxquelles je vais tenter d’apporter quelques réponses.

Une histoire d’atelier d’écriture

La première fois que j’ai passé la porte d’un atelier d’écriture, c’était il y a deux ans, aux ateliers d’écriture Bing (http://www.elisabethbing.fr/). Je ne voulais pas devenir écrivain, cela me semblait prétentieux (n’est-ce pas !). Je voulais juste me libérer de ce poids traîné depuis l’adolescence : me prouver que je pouvais écrire. Non pas des textes scientifiques ou professionnels… Cela je savais le faire. Non pas un journal intime… Cela je le pratiquais. Non. Il s’agissait d’écrire pour la joie simple de raconter.

Première consigne, première contrainte, que raconter ? Vais-je y arriver ? Premier début d’idée, je me jette à l’eau, je suis venu pour ça. Et le texte coule, les mots viennent, le plaisir, la surprise, mon histoire se dévoile et se découvre, je ne me suis plus arrêté. Je m’autorisais, je me découvrais « écrivant » (Roland Barthes).

Ecrire pour se faire plaisir, pour partager et pour être lu

Mais ce n’est pas tout. Passés les premiers moments d’émotion, j’ai découvert le plaisir de partager mes écrits, d’écouter les récits des autres participants, et de voir combien ce partage était riche et formateur. Alors est-ce écrire, être lu, ou partager qui nous fait écrire ? Au bout d’un an, j’apprivoisais mon écriture, d’un thème à l’autre, dans l’humour, le tragique, l’intime. Et, encore plus surprenant, à la sortie d’un atelier, je partais avec un vrai sujet de roman, une ambition, une envie, un projet. J’assumais, je me découvrais écrivain, je m’auteurisais.

Ce parcours n’est pas sans rappeler notre modélisation du processus d’écriture chez Colligence (voir le schéma à la page : http://colligence.fr/content/6-coaching-et-stages): authenticité, autorité, autorisation, auteurisation. Mais, à cette époque, je ne le soupçonnais pas !

Oser écrire

D’abord, je tiens à le dire d’emblée, écrire ne tient pas d’un don, même si le talent existe bien sûr. Écrire demande de l’entraînement, de la ténacité, de l’envie et, surtout je trouve, de se faire accompagner ! C’est le premier intérêt d’un atelier d’écriture, permettre à tout un chacun de s’exercer, de pratiquer, de dépasser ses première peurs et au-delà, de se découvrir soi et son écriture.

Alors, si l’envie est là, calfeutrée depuis longtemps dans un coin secret de votre cœur, et qu’un jour vous vous décidez à l’écouter, tenter un atelier est un bon moyen de franchir le premier pas ! Et de prendre un bon départ, avec pour alliés la confiance et la découverte joyeuse de son style propre. Comme dit le proverbe, le seul échec que l’on peut rencontrer est celui de ne pas tenter… Car, venir dans un atelier d’écriture est toujours l’occasion d’apprendre, que ce soit de soi, des autres, de l’écrire, quel que soit le résultat effectif.

Pourquoi écrit-on ?

Cette question me taraude depuis fort longtemps, elle est même au final pour moi de l’ordre du mystère… Ecrit-on pour soi ? Pour les autres ? Pour laisser une trace ? C’est aussi une belle consigne pour démarrer un atelier d’écriture ! J’aime beaucoup, par exemple, cet extrait d’un atelier lycéen (https://blogpeda.ac-bordeaux.fr/lyceeharountazieff/nos-activites/lettres/atelier-decriture/2-sti-aa/pourquoi-ecrire/) qui fournit toute une palette des raisons d’écrire :

On écrit pour soi quand on a peur de se dévoiler aux autres.
On écrit pour les autres quand on commence à croire en soi.
On écrit parce qu’on a peur.
On écrit pour sortir de sa bulle ou s’y enfermer.
On écrit pour communiquer avec l’extérieur si on est prisonnier.
On écrit pour rester dans notre intimité sans pour autant se fermer.
On écrit pour oublier son monde, sa vie, sa réalité. (…)
On écrit pour apporter l’espoir, pour faire rire, pleurer.
On écrit pour parler, pour voir, pour sentir, pour entendre, pour toucher.
On écrit pour raconter. (…)

Je me demande si je n’écris pas aussi pour continuer cette liste sans fin !

Que trouve-ton dans un atelier d’écriture ?

2015-10-29 12.50.50
Moment d’immersion dans la nature

Des pratiques d’écriture bien sûr, mais pas seulement ! En m’appuyant sur le travail de Jacques Hillion (Hillion, J., Écriture et processus de transformation. Master en Psychopédagogie perceptive, Université Fernando Pessoa, Porto, 2010. Accessible sur le site du Cerap : http://www.cerap.org/travaux-acad%C3%A9miques-dans-le-champ-de-l%C3%A9ducation-et-de-laccompagnement), je donnerai les caractéristiques suivantes qui me semblent faire partie de tout atelier :

 

  • Apprivoiser l’écriture. « Passer de la crainte au plaisir, et de la confusion au sens » (J. Hillion) ; mais aussi jouer, explorer, dépasser la contrainte du « bien écrire ». Tout atelier est construit à partir de consignes agissant comme des contraintes, qui, au lieu de bloquer l’écriture, la libèrent et donnent envie d’explorer.
  • Partager nos textes. On ne réalise pas le bénéfice de donner à entendre ses textes, à se laisser imprégner par l’écriture des autres participants ; on sous-estime la force du groupe comme allié dans la découverte et le déploiement de soi dans l’écriture.
  • Découvrir . Bien sûr, un atelier d’écriture est conçu pour découvrir son écriture, mais souvent cette découverte s’accompagne d’une découverte de soi, à travers l’expression… Peut-être le meilleur bénéfice ?

Quel projet ?

Les participants au travail !
Les participants au travail !

Pour choisir son atelier d’écriture, on peut se poser les questions suivantes : de quoi ai-je besoin ? J’attends quoi de mon écriture ? Quel projet d’écriture ? Par exemple, les besoins peuvent être : je me sens bloqué, j’ai envie de découvrir mon écriture ; j’ai envie d’écrire, je pratique un peu, mais je trouve mon écriture pauvre et répétitive. Un atelier comme Libérer l’écriture  est conçu dans cette optique.

Les attentes sont parfois plus difficiles à cerner, comme dépasser ses peurs, mais sans trop savoir lesquelles ni d’où elles viennent ; espérer un signe, un déclencheur qui va d’un coup nous libérer ; ou encore, attendre une attitude bienveillante qui va nous montrer le chemin. Trop d’attentes, ou des attentes implicites, mal définies, peuvent brouiller vos choix et apporter plus de déceptions que de bénéfices. Savoir poser ses objectifs avec l’animateur est donc important surtout si un projet vous tient à coeur.

Avoir déjà un projet d’écriture vous place dans une démarche différente. La demande est claire, mais l’objectif peut-être plus difficiles à remplir ! Vous pouvez être à la recherche de votre propre style ou de votre voix ; vous pouvez vous sentir bloqué dans la construction de votre projet à un stade plus ou moins avancé ; vous pouvez être à la recherche d’outils, d’aide, pour vous engager dans un processus à long terme. Le séminaire Faites grandir votre projet d’écriture est à même de fournir des réponses dans ce sens.

La méthodologie Colligence, un atelier d’écriture d’une semaine

La méthodologie Colligence s'inscrit dans le processus en U
La méthodologie Colligence s’inscrit dans le processus en U
  • Nos ateliers d’écriture reposent sur une méthodologie originale, intégrant une dimension corporelle et d’intériorisation. Cela permet à chacun de se reconnecter à soi,  à s’appuyer sur son état interne facilitant une écriture fluide, et à explorer la dimension sensorielle de l’écriture. Ainsi les temps d’écriture et les temps de pratiques corporelle et d’intériorisation s’entrelacent.
  • Un atelier d’écriture est toujours la rencontre entre les projets singuliers des participants et le projet global du facilitateur, et ce qui naît de cette rencontre est toujours de l’ordre de la confiance et de l’intelligence collective.
  • Ils intègrent des temps d’atelier visant la découverte de son authenticité dans l’écriture suivant un processus fondé sur la Théorie U (Otto Scharmer, Théorie U, Diriger à partir du futur émergent, Colligence Editeur 2016, à paraître). Voir le site du Presencing Institute.
  • Les stages d’écriture sont précédés d’un entretien dialogué d’une heure avec chaque participant. L’immersion dans le stage n’en sera que plus rapide… et profonde !

Didier Austry

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *